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Paroisse Saint-Epvre, Nancy - Page 3

  • Conférence sur Saint Nicolas de Mme Say

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    Nicolas de Myre,

    un homme, un saint,

    le saint patron de la Lorraine

    __________________________

     

     Conférence de Mme Hélène Say à la Basilique Saint-Epvre, le 6 décembre après-midi, avant le défilé traditionnel.

     

    •1.      L'homme

     

    De sa vie, on connaît bien peu d'éléments : il est probablement né vers 260 ap. J.-C. à Patare, au sud de l'Asie Mineure (l'actuelle Turquie) ; il est élu évêque de Myre (en Lycie, à l'est de Patare), par la communauté chrétienne, au IVe siècle ; il meurt à Myre le 6 décembre 332 ou 335.

     

    Au temps de Nicolas, Myre, ville ancienne située près d'un port de la Méditerranée, face à l'île de Rhodes, devait sa prospérité économique au commerce[1] du murex et de la pourpre qui en est extraite. Comme Patare, la ville natale de Nicolas, Myre avait été christianisée près de deux siècles auparavant : saint Paul y est en effet passé à trois reprises.

    Le début de l'épiscopat de Nicolas est marqué par la persécution contre les chrétiens organisée sous l'empereur Dioclétien. Cependant le gouverneur de la province de Lycie, païen mais monothéiste, n'applique guère les quatre édits de persécutions pris en 303 et 304. Myre et ses chrétiens n'ont pas eu ainsi à subir l'une des plus terribles vagues de persécutions anti-chrétiennes de l'histoire : dans tout l'Empire romain, de l'Afrique du Nord à la Gaule et de l'Espagne au Proche-Orient, les édifices du culte et les écrits des chrétiens furent détruits, les chrétiens privés des charges publiques, les clercs arrêtés, le sacrifice aux dieux païens imposé à tous les chrétiens, clercs ou laïcs, dont un très grand nombre subit la torture et le martyre pour avoir refusé de se soumettre à la loi afin de ne par renier leur foi chrétienne.[2] La vie de Nicolas n'est donc pas placée sous le signe du martyre, comme pour beaucoup d'évêques et de chrétiens contemporains, mais sous celui de la charité à l'œuvre de façon admirable.

     

    On a imaginé que Nicolas avait nécessairement participé au concile œcuménique de Nicée-Constantinople, réuni par l'empereur Constantin en 325, puisqu'il vivait encore au moment de cet événement fondateur dans l'histoire de l'Église. Mais cette participation au concile n'est pas assurée. Les sources littéraires conservées sur l'événement ne concordent pas : certaines citent la présence de Nicolas et insistent sur l'importance de son rôle, mais elles datent de l'époque où la sainteté de Nicolas est consacrée par l'empereur byzantin avec une relecture héroïque de sa vie (VIe siècle) ; d'autres listes ne mentionnent pas Nicolas parmi les évêques ayant participé au concile. Qu'il ait ou non participé au concile n'a finalement pas grande importance au regard de la sainteté, qui ne se mesure pas à la visibilité et à l'influence immédiate : si une star a besoin de spectacles, de la presse, d'internet pour être reconnue, la sainteté, elle, se joue dans le rayonnement de la foi à l'œuvre. Or Nicolas doit au mérite de sa vie quotidienne d'être immédiatement reconnu comme saint par la population de Myre après sa mort : autour du tombeau où sa dépouille a été ensevelie naît un culte.

     

     

    •2.      Le saint

     

    On connaît d'une certaine façon beaucoup mieux la vie du saint que celle de l'homme, et tandis que sa vie d'homme n'a duré que quelques décennies, celle du saint dure depuis plus de mille six cents ans ; et de fait, sa popularité, sa vénération et ses miracles ont suscité beaucoup, beaucoup d'écrits, des recherches, des prières, des légendes.

     

    Comment devient-on un saint reconnu comme tel et vénéré par les fidèles ? À l'époque de Nicolas, ce n'est pas le pape qui élève à la sainteté après une longue et minutieuse enquête sur les vertus manifestées pendant la vie en toutes circonstances ; si une personne, dont la foi à l'œuvre a irrigué son environnement, suscite un véritable culte après sa mort et un culte qui s'inscrit dans la durée, elle est d'emblée élevée à la sainteté par la reconnaissance populaire.

    De son vivant, Nicolas a forcé l'admiration par l'exemplarité et l'efficacité de sa vie chrétienne, une vie entièrement dévouée à « rendre justice au faible, à l'orphelin, faire droit à l'indigent, au malheureux, libérer le faible et le pauvre, les arracher aux mains des hommes sans foi », comme y invitait déjà au temps du peuple hébreu le psaume de David (81, v. 3 - 4), repris par le prophète Isaïe (« faire le bien, rechercher le droit, redresser le violent, faire droit à l'orphelin, plaider pour la veuve », Is. 1, 17), pour trouver sa véritable et définitive incarnation dans la personne du Christ.

     

    On raconte ainsi qu'habitant encore Patare, sa ville natale, Nicolas donne à un père de famille ruiné trois bourses d'argent pour marier correctement ses filles et leur permettre de fonder une famille, plutôt que de laisser ce père les exploiter pour s'assurer des revenus.

    Vers 311-312[3], une catastrophe naturelle frappe Myre : des pluies diluviennes s'abattent, des torrents d'eau et de boue anéantissent les récoltes, emportent les arbres et noient des troupeaux, enfin un tremblement de terre démolit un grand nombre de maisons. Après ce cataclysme, la nourriture vient à manquer. L'évêque Nicolas, qui déploie toute son énergie à secourir les affamés et soigner les malades, est averti par les commerçants locaux que plusieurs navires remplis de grains sont ancrés au port d'Andriake. Le blé, qui vient d'Égypte, est propriété d'État et doit être livré à la capitale, Byzance. Nicolas négocie avec le commandant de la flottille afin qu'il lui cède, bien que ce soit interdit puisque cela revient à voler l'empereur, une quantité de grains suffisante à la fois pour sauver de la famine les habitants de Myre et pour ensemencer les champs, sans quoi la prochaine récolte sera elle aussi compromise.

    Nicolas sauve de la condamnation à mort trois jeunes gens accusés à tort d'avoir provoqué une émeute au port d'Andriake : arrivé sur le lieu de leur exécution, il arrache l'épée des mains du bourreau, exige la reprise du procès, assure la défense des jeunes gens en prouvant leur innocence, et sauve leur tête.

    Installé sur le trône, l'empereur Constantin (306 - 337) engage bientôt des travaux importants pour l'aménagement et l'embellissement de sa capitale, Constantinople : le coût de ces travaux se traduit pas des levées d'impôts dont la population n'arrive plus à supporter la charge. Envoyé comme intercesseur auprès de l'empereur par les habitants de Myre, Nicolas obtient une réduction significative de l'impôt.

    À l'occasion de ce séjour à Constantinople, il prend la défense d'officiers accusés injustement d'organiser un complot contre l'empereur et condamnés à mort - tout comme les jeunes gens d'Andriake naguère. Là encore, il s'érige en avocat, démontre l'innocence des officiers, et obtient de Constantin leur grâce.

    À Myre, il lutte contre le paganisme et fait détruire le temple d'Artémis où l'on semble s'adonner alors à des pratiques de sorcellerie.

     

    Le tombeau de Nicolas, qui abrite les restes de sa dépouille mortelle (reconnues comme reliques), devient lieu de pèlerinage dont l'affluence ne faiblit pas avec le temps, bien au contraire. Sa foi à l'œuvre dans la charité, les actions qui en ont découlé lui valent après sa mort d'être invoqué d'abord comme libérateur des prisonniers innocents (en référence à la libération des jeunes d'Andriake et des officiers), et des marins et voyageurs, puis comme protecteur des filles à marier (en référence aux trois filles qu'il a dotées), des avocats, des pèlerins, enfin, selon une logique moins évidente - héritée des légendes qui se développent -, comme patron des marchands de vin, des pharmaciens, des épiciers, des bouchers, des forgerons.

    De son vivant, il a obtenu des grâces par son intercession personnelle auprès du pouvoir et sauvé des vies. Après sa mort, son intercession auprès de Dieu est sollicitée par la prière ; elle donne lieu à d'innombrables grâces (= vœux exaucés), que les ex-voto rappellent. Elle donne lieu aussi à des miracles qui inspirent l'art religieux : parmi les miracles de libération, celle du jeune Adéodat, enlevé à l'âge de 7 ans, illustrée par de nombreuses fresques dans les églises d'Italie ; celle aussi du jeune Basile, enlevé au VIIe siècle par un émir arable, qui nourrit l'iconographie de l'Église d'Orient ; ou encore la libération d'un croisé lorrain du XIIIe siècle, Cunon de Réchicourt, dont nous allons reparler.

     

    De fait, la vénération du saint se répand rapidement en Asie Mineure et de là dans tout l'Occident.

    À Myre, la première église Saint-Nicolas remonte au VIe siècle : elle est construite sur le tombeau du saint. Toujours au VIe siècle, l'empereur Justinien (482 / 527 - 565) consacre sa réputation de sainteté en faisant édifier une église sous son vocable à Constantinople, capitale de l'empire d'Orient, et en intégrant l'invocation de Nicolas à la liturgie.

    À Rome est attestée au VIIIe siècle une église Saint-Nicolas « in Carcere » remontant peut-être même au VIe siècle ; un prisonnier en était libéré chaque année le 6 décembre.

    En épousant l'empereur romain germanique Otton II, en 972 (il y a donc un peu plus de mille ans), la princesse grecque Théophano introduit en Europe de l'Ouest le culte de saint Nicolas. C'est ainsi qu'une première vie de saint Nicolas est rédigée en latin par l'évêque Reginald d'Eichstaedt à la fin du Xe siècle. Par les relations commerciales maritimes entretenues entre l'empire byzantin et l'ouest de la Méditerranée, le culte de Nicolas s'étend à l'Italie du sud (Naples et la Sicile).

    Au Xe siècle, sa renommée était si grande qu'un auteur grec anonyme écrivait : « En vérité, l'Occident comme l'Orient le chante et le glorifie. Il n'est pas de peuple, de pays, de cité, de bourgade, d'île, fût-ce même dans les régions les plus éloignées de l'univers, où l'on ne vénère son nom, où des églises ne lui soient élevées; on lui dresse des images, on l'honore par des panégyries et des fêtes, et tous ceux qui portent le nom de chrétiens, jeunes gens, vieillards, hommes, femmes, enfants, jeunes filles, honorent sa mémoire et invoquent sa protection; et ses bienfaits qui ne furent pas limités à une seule époque, mais continuent de siècle en siècle, sont répandus par toute la terre. »

     

    La ville de Myre est prise une première fois par les musulmans en 808, puis de nouveau en 1031, mais à aucun moment le culte de saint Nicolas ni plus généralement la pratique de la foi chrétienne ne sont menacés. Cependant en 1071, le sultan Alp Arslan attaque l'armée byzantine, capture l'empereur, envahit toute l'Asie mineure.

    Dans le monde des commerçants chrétiens de la Méditerranée, le sort des reliques de saint Nicolas inquiète. À Bari, au sud de l'Italie, où quatre églises sont déjà dédiées au saint, une expédition maritime est organisée afin de procéder clandestinement à la translation des reliques en terre chrétienne. Outre la crainte que le tombeau soit profané par les Infidèles, les marins de Bari escomptent beaucoup de richesses d'un déplacement du pèlerinage de Myre à Bari... plutôt que dans une autre ville d'Occident. Le 9 mai 1087, qui devient le jour de la fête de saint Nicolas d'été, les reliques entrent triomphalement dans la ville de Bari. L'installation s'accompagne d'une multitude de miracles.

    Le culte de saint Nicolas continue dès lors à se répandre en Occident, avec une multiplication des dédicaces et lieux de culte : de l'empire germanique, il se diffuse au diocèse de Liège, et de là vers la Lorraine et les diocèses de la France actuelle, jusqu'en Bretagne ; au nord, le culte se répand jusqu'aux Pays-Bas. Il y a une véritable universalité de saint Nicolas : bien que né en Asie Mineure, il suscite désormais et jusqu'à aujourd'hui la même ferveur dans toute la chrétienté, au-delà de ses divisions entre Orient et Occident, orthodoxie et catholicisme.

     

     

    •3.      Saint Nicolas et la Lorraine

     

    En 1088, Aubert de Port, un seigneur lorrain de retour de la croisade, rapporte de Bari à Port une relique du saint subtilisée dans des conditions plutôt peu respectables à nos yeux mais habituelles à l'époque : vol peut-être, ou bien achat dans le cadre des trafics de reliques couramment pratiqués. Une fois à Port, une église est construite afin d'abriter dignement le petit ossement du saint (un morceau du doigt bénisseur, selon la tradition). Saint-Nicolas était déjà vénéré ailleurs en Lorraine à l'époque : une chapelle lui avait dédiée dans la cathédrale de Verdun, en 1046, et un oratoire à l'abbaye de Gorze, près de Metz un peu plus tard. Mais grâce à la relique, Port supplante désormais les autres lieux de culte par l'affluence que l'église suscite. La ville, en 1150, prend le nom de Saint-Nicolas-de-Port. Pèlerinage et foire lui assurent un essor considérable.

     

    La dévotion y est renouvelée par un nouveau miracle de libération. En 1240, Cunon de Réchicourt, parti à la croisade, est fait prisonnier par les infidèles. Au cours de la nuit du 5 au 6 décembre, dans son cachot où il attend d'être exécuté, il prie saint Nicolas. Le lendemain matin, il se réveille libéré de ses chaînes et miraculeusement transporté dans l'église de Saint-Nicolas-de-Port.

     

    Cette dévotion à saint Nicolas ne se dément pas par la suite. Ayant à affronter le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui a envahi son duché de Lorraine et menace de s'en emparer, le duc de Lorraine René II, qui campait près de Saint-Nicolas, place ses troupes sous la protection du saint avant d'affronter les armées bourguignonnes. Les troupes de René II remportent la victoire, Charles le Téméraire est tué devant Nancy le 5 janvier 1477, et René II proclame saint Nicolas « père du pays ». Ainsi saint Nicolas est-il étroitement impliqué dans la victoire militaire qui sauve le duché de Lorraine comme État indépendant ; la construction d'une nouvelle basilique à la place de l'ancienne église, voulue par René II, la basilique que nous connaissons aujourd'hui, est la consécration éclatante de ce nouveau patronage.

     

    Si les saints bénéficient tous d'un lieu de dévotion privilégié (celui de leur sépulture ou bien un sanctuaire érigé autour d'une relique), si les pèlerinages constituent des moments privilégiés pour leur confier des demandes de grâce, des « vœux », l'efficacité de la communion par la prière ne se limite ni à ces lieux ni à ces moments.

    Au-delà de la vie sauvée ou recouvrée par miracle, au-delà des bienfaits reçus par grâce, saint Nicolas, comme tous les saints, nous invite à entrer dans le mystère de la puissance d'amour de Dieu qui défie l'espace et le temps. Les saints sont ces hommes et ces femmes qui ajustent leur vie à l'amour de Dieu, qui disent l'évangile par leur vie à la suite du Christ. Ils n'ont pas besoin de tapage médiatique, de radio, de télévision ou de facebook pour être reconnus et ouvrir autour d'eux des chemins non pas seulement de guérison mais de conversion. De ce point de vue, aucun saint n'en exclut un autre et l'histoire de chacun, celle de saint Nicolas aussi, continue de s'écrire dans le cœur et par la prière des hommes de bonne volonté.

     

     

     

    Hélène Say

    6 décembre 2009



    [1] La ville semble avoir été fondée au Ve siècle avant J.-C. Ses tombeaux rupestres, qui remontent aux premiers temps de son existence, en font la notoriété.

    [2] Cf. Eusèbe de Césarée et Lactance.

    [3] D'après la datation du P. Gerardo Cioffari. Par la suite des hagiographes de saint Nicolas introduiront le merveilleux : quand les navires arrivent à Byzance, les contrôleurs constatent que les navires contiennent la quantité enregistrée au départ d'Alexandrie

  • ST-EPVRE: BASILIQUE, PAROISSE ET ORATOIRE

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    Bienvenue sur le BLOG de la Paroisse St-Epvre de Nancy.

     

     

    Paroisse St-Epvre

    6, rue des loups

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    Curé: P. Bruno HOUPLON, co

     

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    Saint-Epvre réd_071.JPG

     

    L’église Saint-Epvre (ici vue depuis la Place Stanislas) a trois caractéristiques différentes : elle est

     

    • l’église de la Paroisse Saint-Epvre ;
    • l’église rectorale de la Congrégation de l’Oratoire de Nancy ;
    • une Basilique.

    Saint-Epvre comme église paroissiale.

         Une paroisse comme la nôtre est une communauté : l’ensemble des fidèles vivant sur un territoire donné. La charge pastorale d’une paroisse est confiée au curé.

         Remarquons tout de suite une singularité de St-Epvre : par rapport aux autres paroisses du diocèse de Nancy, St-Epvre a un territoire très réduit. Quand les nouvelles paroisses de Nancy ont été érigées, regroupant plusieurs clochers, il eût été normal que St-Epvre fût jointe aux clochers environnants. Cependant, l’évêque de Nancy en a jugé autrement, puisque l’Oratoire venait d’y être installé : pour que les prêtres de l’Oratoire pussent vivre leur charisme propre, il était préférable que le territoire paroissial fût réduit, et St-Epvre, malgré quelques ajouts territoriaux, est restée petite : son territoire s’étend de la Porte Stanislas à la Place du Luxembourg, et du Quai Claude le Lorrain au canal.

         Mon rôle de curé s’adresse donc aux personnes vivant sur ce territoire, y compris les incroyants et les non-pratiquants, avec l’aide des fidèles laïcs, et, dans l’Oratoire, je suis le seul qui ait cette charge (autrement dit, il n’y a pas de “prêtre coopérateur” à St-Epvre).

    St-Epvre comme église rectorale de l’Oratoire.

         La singularité principale de la paroisse St-Epvre est qu’elle est confiée à l’Oratoire, c’est-à-dire que seul un Oratorien de Nancy peut en être le curé. Ainsi est-ce l’Oratoire qui propose un nom à l’Evêque, qui ensuite le nomme comme curé s’il est d’accord.

         Je ne prendrai pas le temps ici de définir ce qu’est l’Oratoire et son charisme particulier : ceci est clairement exposé dans nos tracts de l’Association des Amis de l’Oratoire disponibles à la Basilique, et sur notre site. L’Evêque de Nancy a voulu qu’une Congrégation de l’Oratoire soit érigée sur le diocèse, et lui a confié St-Epvre. Pour autant, l’Oratoire ne dépend pas comme tel du diocèse, mais directement de Rome, et c’est ce charisme que l’Evêque de Nancy nous demande de déployer sur son diocèse. Un Oratoire étant érigé, il est normal qu‘il ait une église pour y vivre sa liturgie et sa prédication, et ce lieu est appelé “église rectorale” de l’Oratoire (de même qu’à Nancy Saint-Sébastien est l’église rectorale des Pères Jésuites). Quand une église devient rectorale d’une Congrégation de l’Oratoire, c’est évidemment son prévôt (c'est-à-dire son supérieur) qui en est le recteur. C’est lui en particulier qui possède les clés du tabernacle, le curé n’en ayant qu’un double.

         St-Epvre est l’église où l’Oratoire vit son charisme, aussi est-il normal que beaucoup de personnes rattachées à l’Oratoire de différentes manières viennent retrouver notre communauté à la messe du dimanche.

    St-Epvre comme Basilique.

         Rome, depuis le XIXème siècle, a affilié certaines églises à ses grandes Basiliques (St-Epvre est ainsi “fille” de Saint-Jean du Latran, la cathédrale de Rome), comme pour mettre en valeur leur rayonnement. St-Epvre est la première Basilique de Nancy. En contrepartie, Rome demande qu’une Basilique soit un lieu un peu plus “romain”, c’est-à-dire que l’enseignement du Magistère y trouve une place plus importante qu’ailleurs, et qu’on y trouve un cachet plus international, en particulier par l’usage du latin. Les fêtes qu’une Basilique doit mettre en valeur sont la Chaire de Saint-Pierre (le 22 février) et la Dédicace de Saint-Jean du Latran (le 9 novembre). Pour obéir complètement aux instructions de Rome concernant les Basiliques, il nous faudra mettre mieux en évidence, c’est-à-dire à l’entrée du chœur, les deux insignes caractéristiques d’une telle distinction : le dais et le tintinnabulum, qui sont pour l’instant au-dessus de la porte principale. D’autre part, les armes du Pontife Romain et du Saint-Siège devraient être posées sur les premiers piliers de l’édifice. La vocation basilicale de St-Epvre sera ainsi visible davantage.

    St-Epvre comme lieu… d’un gros mélange !

         A la messe dominicale de St-Epvre peuvent donc se retrouver des paroissiens de St-Epvre, des fidèles attirés par le charisme de l’Oratoire, des gens de passage qui aiment la Basilique, et, comme partout ailleurs, des fidèles d’autres paroisses. Tout le monde doit avoir sa place dans notre messe dominicale, évidemment.

         Nous avons cependant voulu que les paroissiens ne se retrouvent pas totalement noyés dans la masse, et c’est pourquoi nous avions pris la décision de distinguer les annonces de l’Oratoire et celles de la paroisse. Allions-nous aller plus loin, et distinguer une messe strictement paroissiale ? La question s’est posée, mais il paraissait absurde de séparer les personnes qui viennent tout simplement à la messe à l’horaire qu’ils veulent. Nous avons donc pris la question par l’autre bout : permettre qu’au moins le curé soit plus visible qu’auparavant, et qu’il puisse prêcher plus souvent. C’est pourquoi je vais présider à peu près tous les quinze jours la messe dominicale de 9h30.

         Cela dit, et comme le disait un membre du Conseil Paroissial, la charité ne fait pas de cloisonnements. Les prêtres ne s’adressent pas à l’une ou l’autre personne parce que cette personne est membre d’un groupe laïc de l’Oratoire, paroissienne ou autre, c’est évident. Mais il est parfois utile de savoir à qui s’adresser pour les questions qui concernent l’Oratoire ou celles qui concernent le ministère paroissial, et j’espère que vous avez à présent une idée un peu plus claire de notre situation.